L

HOME <<<

retour page <<<

_
_
_
Pour obtenir la dernière version de Acrobat Reader
_
Imprimer cette page

©PME-CH.ch

_ ©PME_CH.ch _ ©ID-GROUP.info
Dossier Pour qui
Dossier Comment
Dossier Réseau
Dossier Création
Dossier Idées
Dossier Pièges
Dossier In Vivo
Dossier Arena
Dossier Formation
_
_ _
   

La formule Bisange avait vu juste

Ses clubs d'investissements se multiplient. La société née il y a deux ans vient de financer plusieurs start-up. Va mener un projet tous les deux mois. Lance une société de capital-risque.

"C'est faux de dire qu'il n'y a pas assez de bons projets en Suisse." Dourgam Kummer en est convaincu. Il estime être très bien placé pour en parler: Bisange, société anonyme qu'il dirige, a pour terrain de chasse l'économie de proximité. But clairement affiché: "Occuper le terrain de la microéconomie, délaissé par les banques." Et des dossiers, il en voit beaucoup. Rien que pour 2002, l'entreprise née il y a tout juste deux ans en a reçu 214. Preuve qu'elle répond à un besoin. "95 % de ces sollicitations provenaient de Suisse romande." Sur ce total, 84 demandes ont été examinées à fond. Au final, une vingtaine ont été proposées aux clubs d'investissements et aux financiers privés liés à Bisange.

Car ce n'est pas cette dernière qui investit en direct. Elle, elle s'occupe du conseil, de l'analyse et de la structuration des dossiers, de l'évaluation des sociétés, de l'ingénierie financière, de la documentation légale - bulletins de souscription, convention d'actionnaires, actes notariés pour les augmentations de capital... - puis du suivi, une fois l'investissement effectué par ses clubs affiliés.

A ce jour, ce sont ainsi quatre investissements qui ont pu être effectués par son intermédiaire. L'an passé, dans MiniZepp, active dans les minidirigeables intelligents. En mars, dans les entreprises neuchâteloises IP01 (systèmes de traçabilité) et Seyonic (nanotechnologie au service du contrôle des fluides), ainsi que dans la société d'Yverdon Thermoflux (capteurs de contrôle thermodynamiques des flux de chaleur montés sur des moules à injection plastique). Au total 1,3 million de francs, grâce à quatre clubs, des investisseurs privés ainsi que la société d'investissement neuchâteloise SOFIP. Dans les faits, le montant est bien plus élevé (quelque 2 millions), car son apport a poussé d'autres investisseurs à venir en complément.

Trois financements supplémentaires sont sur le point d'aboutir, dans la vaudoise Anagram Technologies (logiciels de filtre et de contrôle pour l'audio haut de gamme), ainsi que dans une société de multimédia télévisé et dans un projet de médecine d'urgence. L'aide de Bisange a également permis à deux entreprises de se rendre compte que ce n'était pas de financiers dont elles avaient besoin, mais de partenaires stratégiques en la personne de grands groupes internationaux.

Désormais, le rythme devrait s'accélérer. "Nous allons arriver avec un projet tous les deux mois", affirme Dourgam Kummer. Avec chaque fois le même principe: des sociétés âgées de moins de cinq ans, non cotées et porteuses de projets à fort potentiel. Les secteurs? Ceux que les clubs maîtrisent. Nous devons pouvoir les comprendre et assurer un suivi." Certains domaines sont écartés pour d'autres raisons. C'est le cas des biotechnologies, qui ont "très peu de chances chez Bisange", les financements nécessaires étant trop importants et les retours sur investissements beaucoup trop longs aux yeux de la société qui s'est inspirée pour son nom de l'appellation anglophone Business Angel. Car c'est bien dans le capital de démarrage qu'elle est active, les clubs mettant au maximum quelques centaines de milliers de francs à la disposition d'une entreprise.

La société cofondée et présidée par Armand Lombard (l'économiste et ancien député libéral avait aussi créé Genilem) ne veut pas s'arrêter là. En termes géographiques, d'abord. Bisange s'est concentrée jusqu'ici sur la Suisse romande. Mais elle commence à s'intéresser à la France voisine, regardant du côté de la région Rhône-Alpes et de l'axe Besançon/ Lyon/ Grenoble.

En termes de structure, ensuite. Elle vient ainsi de donner naissance à une société de capital-risque de droit suisse. Ce fonds de placement fermé - répondant au nom de Découvreurs - arrive ces jours sur le marché. Audité par Ernst & Young, il espère lever des fonds le plus rapidement possible (entre 7 et 15 millions de francs). Il dirigera ses investissements (en moyenne de 500'000 à 1,2 million) dans des sociétés en démarrage, qui s'effectueront toujours en partenariat avec d'autres intervenants. Ayant ses propres conseil d'administration et organes de direction, cette structure sera indépendante de Bisange (qui lui fournira le conseil, s'occupera de l'administration et du suivi des dossiers) et devrait investir dans une douzaine de sociétés durant ces deux prochaines années.

Pas de doute: les cinq collaborateurs fixes (et autant d'indépendants) ne manquent ni d'idées, ni de travail. Leur business plan? Ils reçoivent une commission annuelle (1,5 %) prélevée sur le capital des différents clubs et portefeuilles d'investisseurs en gestion, en rémunération du travail fourni (administration, valorisation, tâches juridiques...) "Mais nous vivons principalement des levées de fonds, car nous prenons un pourcentage (qui varie selon le montant) et une commission sur la réussite."

Autrement dit, sur la plus-value nette réalisée lorsque la participation est revendue. "Comme nous sommes payés uniquement en cas de succès, nous sommes très sélectifs." Il s'agit de présenter des dossiers de qualité pour attirer les investisseurs et pour sélectionner des sociétés dont la valeur est susceptible d'augmenter. "Nous ne sommes donc pas tendres, nous posons beaucoup de questions et demandons aux entrepreneurs de nous prouver leurs prévisions chiffrées."

Pour augmenter ses chances, l'équipe s'est entourée d'un comité de lecture. Non rémunérés par Bisange ("pour des questions de neutralité"), ces bénévoles provenant de divers domaines (finances, banques, entreprises et secteur public) reçoivent une quinzaine de dossiers de sept à huit pages par an. Leur rôle: jouer les fous du roi en posant toutes les questions, en mettant en lumière les zones peu claires, en peignant le diable sur la muraille. Voilà pour la démarche en amont. Mais Dourgam Kummer insiste également beaucoup sur le suivi de l'investissement, car Bisange ne se retire pas une fois le financement assuré. Au contraire, elle accompagne la société tant que cette dernière reste dans son portefeuille. Pour ce faire, elle passe par un partenaire stratégique (par exemple Genilem, dont la vocation est l'accompagnement des entreprises) ou par son réseau de mentors. Ces derniers, choisis par le conseil d'administration de Bisange et rétribués par cette dernière, sont des professionnels ayant une formation technique et une expérience à la tête d'une entreprise. "Ils sont nos yeux, nos oreilles et notre bouche."

Les start-up qui ont reçu un financement doivent ainsi fournir un rapport mensuel d'une page comportant tous les chiffres-clés, les avancées en termes de marché et de recherche. Tous les six mois, elles doivent en outre effectuer un reporting bien plus détaillé. Et évidemment, répondre à toutes les questions. Bref, elles doivent faire preuve d'une transparence quasi totale envers Bisange. Mais cette dernière n'est ensuite pas autorisée à transmettre leurs informations à des tiers, sauf autorisation exprès de la part de ces sociétés.

Mode d'emploi des clubs

Six clubs - présents dans les cantons de Genève, Vaud et Neuchâtel - sont chapeautés par Bisange. Deux nouveaux sont en discussion, sur la Riviera vaudoise et dans le Jura (y compris la partie francophone de Berne). La part minimale pour y participer varie entre 25'000 francs (par exemple dans l'Arc Jurassien, club qui vient de se créer) ou 50'000 francs (pour les Eplatures, qui s'est crée en décembre à Neuchâtel). Ces clubs sont limités à 20 personnes chacun. Cela pour éviter qu'ils ne tombent sous la loi sur les fonds des placements (ce qui implique de nombreuses contraintes supplémentaires). Leur fortune n'excède pas deux millions de francs et ils ne procèdent pas à des réinvestissements (sans quoi, ils seraient considérés comme des investisseurs professionnels, et leurs plus-values seraient taxées). A l'exception du club de la Ville de Lausanne, ils ne sont pas obligés d'effectuer leurs investissements uniquement dans la région.

Nouvelle association

Bisange fait partie des membres créateurs de la toute nouvelle association ASBAN (Association of Business Angels Network) qui regroupe notamment les clubs d'investisseurs valaisans et zurichois, ainsi que le Band of Angels Schweiz (crée par Jacqueline Fendt). Son but: faire entendre la voix des clubs d'investissements. Notamment auprès du SECO dans le cadre de la révision de la loi sur le capital-risque qui est en cours. "D'une manière générale, les modifications semblent aller dans le bon sens", estime Dourgam Kummer. Notamment, la durée de vie de ces clubs ne devrait plus être limitée dans le temps. Aujourd'hui, elle ne peut excéder sept ans.

Aline Yazgi, PME Magazine, mai 2003

 
_
_
_ Votre publicité ici ?
Renseignez-vous !
_ -

Plateforme utile, pratique pour indépendants, créateurs de sociétés, entreprises. Modèles statuts, business plan, contrats, accord confidentiel, partenariat, franchise, réseaux d’affaires, projets, exemples de réussite, club de créateurs, entrepreneurs, formateurs, coachs. Réponses concrètes du monde des affaires. Comment construire votre projet de développement, être patron, coacher une équipe.

Création site internet de MDL.ch
Haut de page
Publicité et Marketing de RAA.ch

Achetez ici
ou en librairies.

Entrez ici